<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
<channel>
  <title>Cultive ton jardin</title>
  <link>http://cultivetonjardin.eu.org/</link>
  <description>Le blog de mc</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 25 Jul 2008 00:11:57 +0200</pubDate>
  <copyright>CreativeCommons.org BY-NC-SA 2.0 FR</copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Le joueur de flûte de Hammeln et les lanceurs d'alerte</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/16/Le-joueur-de-flute-de-Hammeln</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f1c008fdc96fc33af37af124f6e57d7d</guid>
    <pubDate>Wed, 16 Jul 2008 09:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je suis en train de lire &amp;quot;Le Monde selon Monsanto&amp;quot;, de Marie-Monique Robin. Ce livre accompagne &lt;a href=&quot;http://www.arte.tv/lemondeselonmonsanto&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le documentaire &lt;/a&gt; du même nom, diffusé sur Arte en mai ou juin dernier, et disponible en DVD.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Indépendamment du tournis que donne l'accumulation d'invraisemblables dysfonctionnements des instances supposées protéger notre santé, j'y ai sélectionné pour vous ce tout petit paragraphe (p. 54/55):&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'agit de l'histoire terrible de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;l'amiral Elmo Russel Zumwalt Jr, promu en 1968 commandant des forces navales au Vietnam. Il dirigeait la flotte des bateaux qui patrouillaient dans le delta du Mékong. Pour protéger les &amp;quot;marines&amp;quot; des embuscades tendues par les Viêt-Congs dans cette zone stratégique, il ordonna d'arroser les côtes d'agent orange. Il se trouve que le commandant de l'un de ces bateaux était son propre fils, Elmo Russel Zumwalt III, qui mourra d'un cancer et d'une leucémie, à quarante deux ans, en laissant un orphelin atteint de divers handicaps. Dès lors, l'amiral Zumwalt remue ciel et terre pour que le secret qui entoure la dioxine soit enfin levé&lt;/em&gt;.&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Normalement il n'y a rien à ajouter. Je voudrais pourtant dire que mon propos n'est pas d'en rajouter, justement. Encore moins de pleurer sur le passé ou d'argumenter une malsaine repentance (je déteste ce mot). Mais de vous, de &lt;strong&gt;nous&lt;/strong&gt; demander à tou(te)s: que faisons nous, que taisons nous aujourd'hui qui demain... Et de tirer mon chapeau à tous les lanceurs d'alerte qui, en ce moment même, paient cher leur courage. La liste s'allonge.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Car s'il est effarant que tant de professionnels de haut niveau continuent de se faire complices de ces &amp;quot;crimes en cols blanc&amp;quot; comme l'écrit Marie-Monique Robin, il est également étonnant que d'autres rompent l'omertà et s'y acharnent malgré ce que ça leur coûte...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/16/Le-joueur-de-flute-de-Hammeln#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/16/Le-joueur-de-flute-de-Hammeln#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1565</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Sécurité et liberté...</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/02/Securite-et-liberte</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ff1c9ce7bd6949a4330fcf1ad16e06fb</guid>
    <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 09:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;“Celui qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et finit par perdre les deux.”&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faute de courage pour écrire moi-même sur ce thème, qu'on peut, hélas, décliner à l'infini en cette inquiétante période, &lt;a href=&quot;http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/02/“Celui qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre __et finit par perdre les deux.__”&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;je vous envoie chez Céleste. &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/02/Securite-et-liberte#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/07/02/Securite-et-liberte#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1552</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Service Petite Enfance</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/22/Service-Petite-Enfance</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:48cefbd2b5abd9cde9e37d46e47be390</guid>
    <pubDate>Sun, 22 Jun 2008 04:34:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.alternatives-economiques.fr/entretien-----la-souffrance-psychique-est-liee-a-l-intensification-du-travail--_fr_art_633_37689.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Un article d'Alternatives économiques réveille de vieux souvenirs. &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y est question de la souffrance psychique liée à l'intensification du travail, et de la volonté de bien faire ce travail.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai quitté, en décembre 2005, un boulot qui me passionnait et ne me fatiguait guère, quoique j'aie un peu dépassé l'âge du départ en retraite. Psychologue au Service Petite Enfance d'une commune de 35000 habitants, mon travail consistait essentiellement en réunions avec le personnel au contact des enfants, pour faire le point sur le développement de chacun d'eux, mais aussi sur le relationnel entre enfants, professionnels, et parents dans ses dimensions complexes. Plus la participation à des actions de prévention. Plus des rendez-vous avec des parents. Plus le partenariat avec les services sociaux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes conditions de travail étaient intéressantes parce que très libres. Je m'étais fixé quelques règles, dont celle de répondre rapidement aux appels (la situation évolue très vite avec des petits machins de moins de trois ans), et de parler de TOUS les enfants , pas seulement de ceux qui posaient problème (l'enfant qui ne perturbe rien ni personne peut être en grande souffrance sans qu'on s'en aperçoive). Cette règle là avait un bénéfice collatéral, parler, avec plaisir, des enfants qui allaient tout à fait bien, redonnait le moral aux équipes, facilement culpabilisées par les situations moins encourageantes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je pouvais avoir des journées, des semaines très chargées. Circuler d'une structure à l'autre dans des délais horaires parfois étroits. Terminer tard le soir, parce que je tenais, dans un rendez vous avec des parents, à permettre aux DEUX parents d'être présents. Travailler le samedi matin, alors que le service était fermé, parce que pour les animations de groupes de parents, en partenariat avec PMI, enseignants ou associations de parents, c'était le meilleur créneau. En regardant mon agenda et en pointant mes heures, je rigolais parfois, je n'aurais accepté d'aucun patron ce que je m'imposais à moi même. En revanche, je n'hésitais pas à bloquer une journée pour convenance personnelle ou fatigue accumulée. Et je veillais à ne pas faire de rab, par principe. J'étais heureuse. J'en remercie d'ailleurs ma chef, qui me faisait entière confiance et ne m'a jamais, pas une seule fois, chipotée sur mon emploi du temps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les ennuis sont venus d'ailleurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce ne sont pas mes conditions de travail qui se sont dégradées, ce sont celles de mes collègues. Mon emploi du temps aurait même eu tendance... à s'alléger. Mais je ne m'en réjouissais guère. Impossible de faire commencer une réunion à l'heure, de la terminer dans de bonnes conditions, avec toutes les référentes d'un groupe. Annie arrivera plus tard, ya personne pour la remplacer auprès des enfants. Michèle doit partir à 14 heures, parce que les collègues sont en sous-effectif. Jocelyne est en congé maladie. Il m'est arrivé parfois de faire une réunion rien qu'avec des remplaçantes que je connaissais à peine. Déstabilisant pour moi, j'imagine ce que ce pouvait être pour les enfants ou pour les parents. Ou bien, de faire une &amp;quot;réunion&amp;quot; (?) avec une seule référente, alors que visiblement il y avait des problèmes relationnels avec les absentes, qui avaient pourtant une véritable excuse pour ne pas être là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il a commencé à se dire que &amp;quot;mes&amp;quot; réunions étaient trop longues. C'est vrai que je pouvais parfois, au premier mot, identifier le problème et trouver la solution. Et que je prenais pourtant du temps pour que la personne ou l'équipe concernée se fasse une idée qui serait sienne et trouve des solutions adaptées et consensuelles. On appelle ça, en jargon professionnel, un temps pour l'élaboration. Complètement justifié, car il arrivait parfois que ma première impression soit erronée, que ma &amp;quot;solution&amp;quot; soit inapplicable. Et même quand j'avais tout juste et que je m'applaudissais intérieurement  (et que ça me remontait le moral), une solution élaborée par celles qui allaient la mettre en oeuvre avait plus de chance d'être efficace.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il a commencé à se dire que peut-être le groupe des référentes pouvait être représenté par une seule personne. Or, compte tenu des divergences, normales, qui existaient entre les personnes et qui pouvaient s'exacerber en cas de problème aigu, cela réduisait mon rôle à celui de donneuse de leçons, induisait une complicité avec la référente présente, ou au contraire en faisait une piètre avocate d'un point de vue qui n'était pas le sien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il a commencé à se dire qu'on pouvait ne parler que des enfants &amp;quot;à problème&amp;quot;, ainsi stigmatisés. Et de fait on n'avait guère le temps de s'appesantir sur les autres. Au risque de focaliser sur les difficultés, ce qui les aggravait parfois, au risque de ne pas réagir assez rapidement quand un enfant commençait à donner des signes, discrets, de mal-être. Ce qui lui donnait le temps... de passer dans la catégorie &amp;quot;à problèmes&amp;quot;, mais aussi, bien sûr, de résoudre tout seul ses problèmes, les enfants ont des ressources qu'on sous-estime.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est, paradoxalement, la diminution de l'intensité de mon travail qui a commencé à me déprimer. J'ai commencé à me dire... à quoi je sers? Et j'ai décidé la date de mon départ.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n'incrimine personne de particulier. Le remplissage des structures était devenu très serré. J'avais approuvé les décisions prises une par une: accélérer les admissions était raisonnable, car les listes d'attente s'allongeaient. Accepter les temps partiels, voire TRES partiels (une seule journée) car le boulot des parents s'émiettait. Accepter qu'une référente passe d'une structure à l'autre pour un remplacement, j'étais pas trop d'accord. Mais un effet positif, c'était de meilleures relations entre structures, grâce à l'entraide et aussi au simple contact. Faire rentrer un enfant alors que sa mère avait encore des congés à prendre, là, ç'aurait été NON, mais on ne me consultait pas pour ça. C'est la directrice concernée qui m'en avait fait part, après avoir résolu le problème à sa façon, brusque et généreuse: &amp;quot;Rentrez chez vous, Madame, moi je vous garde la place!&amp;quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A mesure que les conditions de travail se durcissaient pour mes collègues, mon appartenance à l'encadrement prenait le pas à leurs yeux sur mon rôle spécifique qui nécessitait confiance et confidentialité. C'est ainsi qu'un énorme conflit interne m'a presque complètement échappé. Des silences inopinés quand une porte s'ouvrait. Des absences diverses. Beaucoup, beaucoup de remplaçantes. Des regards, des phrases interrompues. Quand j'ai compris ce qui se passait, trop tard pour trouver une bonne solution. Celle que j'ai élaborée, sans en référer à ma chef, ne pouvait pas être acceptée par la hiérarchie. Et n'a pas vraiment arrangé les choses. Il y en avait sûrement d'autres. Meilleures? J'en doute.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me suis trouvée brouillée, quelques jours avant mon départ en retraite, avec des gens que j'aimais bien. Inquiète sur la suite des évènements. Craignant d'avoir aggravé la situation de celles qui m'avaient fait confiance. Avec, quand même, le soulagement d'avoir, un an auparavant, décidé de la date de mon départ, et de m'y être accrochée malgré mes regrets et mon désir, parfois de continuer ce boulot qui a été le plus passionnant et le plus formateur de tout ma carrière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Celui où j'ai pris le plus de plaisir. Et j'en remercie, sans exception, tous les gens avec qui j'ai travaillé.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/22/Service-Petite-Enfance#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/22/Service-Petite-Enfance#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1542</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Au service du public?</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/18/Au-service-du-public</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:aa0f9e3431fcdc50a4649119ff38be7f</guid>
    <pubDate>Wed, 18 Jun 2008 05:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Mon fils c'est fait récemment bloquer son compte en banque par les impôts. On appelle ça &amp;quot;Avis à Tiers Détenteur&amp;quot;. Pour la taxe d'habitation d'un appart quitté depuis deux ans. Depuis, il crèche ailleurs, il paie ailleurs aussi, quoique dans une autre circonscription, mais le croisement des fichiers, c'est pas fait pour ça. .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour faire bonne mesure, sa banque lui facture, en plus des 762 euros de ce hold up légal , 87 euros de frais. Au total, quelques euros de moins, quelle chance, que  l'indemnité chômage qu'il vient juste de toucher.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sollicités par téléphone, les impôts reconnaissent leur erreur, mais c'est à la victime d'en faire la preuve, à savoir retrouver l'ex-proprio et le convaincre de délivrer une attestation ad hoc. S'il veut bien, s'il a pas déménagé, s'il a pas vendu l'appart, s'il est encore de ce monde, et si mon fils retrouve son adresse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Eh bien, toutes ces conditions étant remplies, je conseille à mon fils, outre l'attestation obtenue, de demander remboursement des 87 euros que ça lui a coûté. Et accessoirement de changer de banque. Par rapport à la banque, qui est aussi la mienne, je me souviens leur avoir apporté pieds et poings liés un gamin de tout juste 13 ans, qui était d'ailleurs ravi, il devenait grand, avait son propre compte (adossé au mien, rêvons pas) disposait d'une carte de retrait dont il pouvait confier le code aux copains.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai un peu honte quand même, quelle cloche!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par ailleurs, J'ose pas imaginer la déroute dans laquelle une telle connerie peut mettre une famille sans appuis extérieurs. La catastrophe que ça peut enclencher, les agios, les lettres de menace, les gosses sans bouffe...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Service Public... ils se souviennent que ça veut dire &amp;quot;au service du public&amp;quot;?
Et la banque, elle est ...populaire. Au service du peuple?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/18/Au-service-du-public#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/18/Au-service-du-public#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1536</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Protéger l'enfance.. est devenu illégal, dans certains cas</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/16/Proteger-lenfance-est-devenu-illegal-dans-certains-cas</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c7b781335e6964ca3e4992e8396ba0ee</guid>
    <pubDate>Mon, 16 Jun 2008 06:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je reproduis ici, sans plus de commentaires que quelques &amp;quot;mises en relief&amp;quot;, un article paru dans le Dauphiné Libéré du 15 juin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est un véritable SOS que que le Réseau Education Sans Frontières et le Comité de Parrainage Républicain ont lancé au Conseil Général de l'Isère. Plus d'une centaine de familles dans l'Isère seraient aujourd'hui dans une situation des plus délicates. Il s'agit de personnes, le plus souvent avec enfants, qui ont une première fois été déboutées du droit d'asile mais qui ont fait appel de cette décision.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;C'est dramatique. Ces personnes se retrouvent à la rue, sans ressources, sans possibilité légale d'en demander ou d'en bénéficier. Elles sont dans une zone d'attente totalement floue. Elles ne sont pas dans l'illégalité totale, pourtant elles sont sans droits.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Inquiets que le Conseil Général décide de ne plus accorder de prise en charge aux enfants et à leurs familles, les membres de ces associations ont donc rencontré trois élus du Département, José Arias, Brigitte Périllié et Christine Crifo.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces derniers ont expliqué que &lt;em&gt;&amp;quot;le durcissement par l'Etat des conditions d'obtention du droit d'asile sans véritable politique d'accompagnement avait placé les demandeurs d'asile dans des conditions très difficiles et les collectivités locales dans des situations d'autant plus délicates qu'elles sont les premières interpellées sans pouvoir intervenir. Les aides apportées aux déboutés du droit d'asile, non seulement ne relèvent pas de leur responsabilité mais &lt;strong&gt;constituent un délit au regard du code des étrangers.&lt;/strong&gt;&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais un code qui entre &lt;strong&gt;en conflit avec le code sur la protection de l'enfance&lt;/strong&gt;, dès que les familles se retrouvent à la rue. C'est pourquoi les élus ont demandé à leurs agents d'examiner avec &lt;em&gt;&amp;quot;attention et humanité toutes les situations individuelles sur lesquelles ils seraient alertés&amp;quot;&lt;/em&gt;, notamment les situations impliquant des enfants. Ils ont aussi annoncé que le Conseil Général venait de décider de financer à hauteur de 20% trois centres d'hébergement et de réinsertion sociale à Grenoble, Vienne et Bourgoin-Jailleu.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Paru dans le DL du 15 juin 2008, sous la signature de Ev. M.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/16/Proteger-lenfance-est-devenu-illegal-dans-certains-cas#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/16/Proteger-lenfance-est-devenu-illegal-dans-certains-cas#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1534</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Vous aimez les chiffres?</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/04/Ah-les-chiffres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:378797a49a3b38b6d15c998ed8fe5f94</guid>
    <pubDate>Sat, 14 Jun 2008 04:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;La situation économique semble devenir ici vraiment préoccupante. Depuis les fêtes du Têt (février), les prix ne cessent d'augmenter. Surtout celui des denrées alimentaires. L'indice des prix à la consommation a augmenté, en mai, de 4.24% à Ho Chi Minh Ville (3.9% à Hanoi). Ce qui porte la hausse des prix, sur quatre mois, à 13.8%.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais ces pourcentages moyens reflètent une disparité importante. La hausse des prix des &amp;quot;vivres&amp;quot; a été de 23.05%, celle des &amp;quot;denrées alimentaires&amp;quot; de 14.97%. Je ne comprends pas bien la différence qui est faite par &lt;a href=&quot;http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=XT33&amp;amp;ct=CT49&amp;amp;page=newsdetail&amp;amp;newsid=42905&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le courrier du Vietnam &lt;/a&gt; entre vivres et denrées alimentaires, sans doute s'agit-il d'une différence entre le prix du riz et celui des &lt;em&gt;autres&lt;/em&gt; denrées alimentaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Car, malgré une diversification importante de la nourriture (davantage de légumes, de poisson et de viande dans leur alimentation quotidienne), la base de l'alimentation reste bien évidemment le riz. En France, on parle du &amp;quot;pain quotidien&amp;quot;, quoique de moins en moins, ici on dit &amp;quot;manger du riz&amp;quot; quand on veut dire &amp;quot;manger&amp;quot;. Et il semble bien qu'une part de la population ne mange pas grand chose d'autre que du riz. Or le riz a effectivement augmenté, et apparemment de façon plus importante encore que ne le disent les chiffres officiels. .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'association humanitaire à laquelle je participe ici a d'ailleurs dû revoir à la baisse le contenu des colis alimentaires basiques qu'elle distribue chaque mois, après avoir pourtant revu à la hausse l'enveloppe qu'elle leur consacrait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les prévisions d'inflation à 22% sur l'année semblent bien sous évaluées. D'autant que les moyens envisagés sont assez flous, du genre &lt;em&gt;&amp;quot;renforcer la gestion de l'État, rehausser la responsabilité des entreprises et encourager les consommateurs eux-mêmes à la vigilance&amp;quot;&lt;/em&gt;. Tandis qu'une vérité s'échappe parfois des commentaires &lt;em&gt;&amp;quot;A cause de la flambée des prix sur le marché mondial, le gouvernement ne peut pas intervenir massivement sur le marché domestique&amp;quot;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Vietnam est entré dans l'Organisation Mondiale du Commerce en 2007, et ne peut pas se permettre n'importe quoi sans se faire -amicalement- tancer.
&lt;a href=&quot;http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=XT34&amp;amp;page=newsdetail&amp;amp;newsid=42925&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Dominique Strauss Kahn &lt;/a&gt;, tout en &lt;em&gt;&amp;quot;comprenant&amp;quot;&lt;/em&gt; (merci, patron) que certains pays souhaitent limiter les exportations... de riz par exemple, les invite à &lt;em&gt;&amp;quot;dépasser ce repli sur une solution nationale&amp;quot;&lt;/em&gt;. Prétendant que ça revient à &lt;em&gt;&amp;quot;exporter la famine dans le pays d'à côté&amp;quot;&lt;/em&gt;, il tente même de les culpabiliser.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi, le Vietnam, qui souhaitait d'abord interrompre ses exportations de riz, puis les modérer, puis les contrôler, doit-il aujourd'hui constater que pendant les quatre premiers mois de l'année, 1.6 millions de tonnes de riz ont été exportées, soit une hausse de 19% par rapport à la même période en 2007. &lt;a href=&quot;http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=XT33&amp;amp;ct=CT49&amp;amp;page=newsdetail&amp;amp;newsid=42214&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les exportations reprennent donc officiellement. &lt;/a&gt;. Et n'ont sans doute jamais cessé. Comment empêcher les entreprises d'exporter quand les prix mondiaux s'envolent?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, les plus pauvres ne sont pas oubliés. Pour atténuer l'impact de la flambée des prix sur leur niveau de vie, le ministère concerné va &lt;em&gt;&amp;quot;étudier les influences de l'inflation sur les salariés et les bénéficiaires des politiques sociales, surtout les personnes à revenu modeste&amp;quot;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le salaire minimum de base sera augmenté graduellement d'ici à 2012.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=xt33&amp;amp;page=newsdetail&amp;amp;newsid=42389&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Mais pas cette année. &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/04/Ah-les-chiffres#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/04/Ah-les-chiffres#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1517</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Les fantômes de Hanoi</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/11/Les-fantomes-de-Hanoi</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4affe4254bbca1ec3c077f20fc88a02f</guid>
    <pubDate>Wed, 11 Jun 2008 06:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;C'est une bande dessinée parue en 2006. Magique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dès la page de couverture, tout est là: six motos de front, six jeunes vietnamiennes, parmi lesquelles l'excentrique en rouge vif et talons hauts, la jeune fille sage avec manteau gris et sac à main, la loubarde, froissée et décoiffée, la paysanne, chapeau conique joliment noué par le masque à poussière. Mais aussi le panneau qui interdit le passage aux voitures...et aux charrettes (place aux motos!), la cage à oiseaux suspendue à un arbre au dessus de la rue, le haut-parleur omniprésent dans la BD, incarnation d'une &amp;quot;voix de son maître&amp;quot; à la fois menaçante et bonasse, les bâches dans le vent et les poutrelles qui dépassent d'un immeuble en construction, et, en bas à gauche, tout petit mais inévitable, le marche-pied métallique (il y en a aussi en bois ou en béton) qui permet de monter la moto sur le trottoir sans se casser les reins, vu que c'est un geste qu'on fait dix ou vingt fois par jour.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Dans votre tête, ne laissez pas s'insinuer Hà Nôi, elle ne vous lâcherait plus&amp;quot;&lt;/em&gt;.  C'est bien vu, et je crois que l'auteur en a été la première victime. Il prépare une autre BD qui parlera aussi de Hanoi. Il se désole de l'état d'abandon du Pont Long Bien, emblématique de la ville avec ses ferrailles qu'on voit de très loin. Autrefois repeint en quasi permanence (le temps d'arriver au bout il fallait recommencer), voilà qu'il rouille et se dégrade. Sa fin aurait-elle été programmée? Il en parle comme d'un vieil oncle pour lequel il s'inquiète. Dans la BD, vous ferez connaissance avec lui entre les pages 26 et 29, les paysannes à vélo, les ouvriers qui jouent un drôle de badminton avec les boulons chauffés au rouge, le vieux fou imprécateur édenté qui erre en dessous, le train qui ébranle tout l'édifice. Mais vous le retrouverez plusieurs fois ensuite, il le mérite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les femmes, les jeunes femmes, tiennent beaucoup de place dans cette BD. On sent bien à quel point elles ont séduit l'auteur, qui le reconnait. &amp;quot;Mais les femmes tiennent réellement une place importante dans cette ville&amp;quot; dit-il. Et c'est vrai. Elles sont partout, à vélo, avec des charges qui effraieraient un éléphant, sur les trottoirs en train de vendre mille choses, dans la rue avec leurs palanches, et à moto, bien sûr, toujours impeccables malgré la poussière et les flaques. Indépendantes et assujetties à la fois, à la pointe de la modernité et prisonnières des traditions, étonnant mélange qu'elle réussissent pourtant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les femmes de Hanoi sont la métaphore de Hanoi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La nuit est douce. Nous sommes dans un petit café, tout près de l'affreuse &amp;quot;cathédrale&amp;quot; que nous leur avons laissée et qu'ils aiment quand même, au point que l'endroit est devenu le rendez-vous de la jeunesse. Nous dégustons un jus, ou plutôt une purée de mangue en compagnie de notre amie Van et de l'auteur, que nous rencontrons grâce à elle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'appelle Gérald Gorridge. Son nom vietnamien, c'est &amp;quot;Ma Xo Hà Nôi&amp;quot;. Il l'a mérité en parcourant discrètement, son carnet de dessin à la main, tous les recoins de cette ville, comme un fantôme amical. Ce faisant, il a laissé Hanoi s'insinuer dans sa vie et en effet, elle ne le lâche plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, il lui prépare une vilaine infidélité: un livre de dessins sur Hué.
Mais Hanoi est bonne fille, elle ne lui gardera pas rancune.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/11/Les-fantomes-de-Hanoi#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/11/Les-fantomes-de-Hanoi#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1527</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Récolte du riz à Mai Chau</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/10/Recolte-du-riz-a-Mai-Chau</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:dd17207bea1612831e4cf2c79367a7b0</guid>
    <pubDate>Tue, 10 Jun 2008 04:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Arrivant en fin de matinée, je m'étais promenée dans les rizières, sur ces petites digues de terre qui encadrent chaque rectangle de culture. Certains rectangles avaient été moissonnés, mais les gerbes de riz étaient restées sur place, à une vingtaine de centimètres au dessus du sol, soutenues par les chaumes. Pour finir de sécher, sans doute.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En début d'après midi (il était 13 heures mais les vietnamiens mangent tôt), j'ai vu une femme partir avec une énorme hotte vide. Elle l'a posée au coin d'un champ, puis s'est rendue à l'autre bout. Elle ramassait les gerbes, avec une lenteur et une régularité de gestes un peu hypnotiques pour moi. Poser les gerbes, qu'elle prenait par deux, sur l'avant bras, un, deux... trois quatre... cinq, six, au bout d'un moment, machinalement, je m'étais mise à compter. Bizarrement, elle en plaçait deux, (treize, quatorze...) sous le bras, peut-être pour servir d'appui au moment où la charge s'alourdissait?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A vingt, elle posait son fardeau sur une diguette. En la voyant d'abord remonter, j'ai compris le pourquoi de son costume surprenant, une sorte de minijupe noire: elle était dans la boue jusqu'à mi-cuisse. Puis elle repartait. Redescendait. Une, deux... trois, quatre... un autre tas, à un autre endroit. Mais pourquoi la hotte, manifestement trop petite malgré sa taille énorme?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'autres femmes sont arrivées. Pantalons que l'on retrousse, jupes longues que l'on remonte à la taille, hottes semblables à la première. Corsages de différentes couleurs, chapeaux coniques traditionnels parfois posés sur un autre chapeau en tissu très occidental. Mêmes gestes, ramasser, porter, poser. Puis d'autres gestes, pour mettre les gerbes dans la hotte. Quand la hotte est pleine, encore quelques gerbes verticales, grains vers le bas, qui soutiendront d'autres gerbes posées à plat. Faire bonne mesure. S'accroupir derrière la hotte, passer les bretelles autour de ses épaules.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Se relever.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Moi, je suis toujours sous mon arbre, à ne rien faire que regarder, à l'ombre alors qu'elles sont en plein soleil. Ma sueur ruisselle. La leur aussi, parfois un geste pour éponger le visage, parfois une pause, accroupie, le regard au loin. Puis le travail qui reprend. Maintenant, sur la ruelle en ciment, une petite murette de gerbes s'est formée. Chacune vient vider sa hotte, pose les gerbes avec précaution, les grains vers le centre de l'allée, stabilise d'un geste le tas avant de repartir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'après midi, une promenade à travers les villages nous fera découvrir la suite. D'étranges machines, sortes de bicyclettes équipées à l'avant d'un rouleau de grillage. On pédale, le rouleau tourne. On le &amp;quot;caresse&amp;quot; avec les gerbes, le grain tombe, on rejette les bouquets de paille. Chacun son rôle, l'enfant qui apporte les gerbes pleines, les vieilles qui trient les pailles dépouillées, celui ou celle qui prend la relève du &amp;quot;cycliste&amp;quot; fatigué.  D'autres passent le riz dans des paniers plats pour éliminer les pailles restantes. Sous les maisons à pilotis, un peu partout, d'autres bicyclettes-batteuses. Parfois agrémentées d'une toile sur l'avant, les projections de grains de riz dans les yeux sont redoutables. D'autres tas de paille, d'autres tas de riz. Quelques sacs. Quelques batteuses à moteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le soir, des femmes déplacent les tas pour récupérer les grains de riz tombés sous la paille. Les pailles ne sont pas perdues non plus. Nettoyées pour ne garder que les beaux brins, nouées en petits bouquets réguliers, épointées, on les voit se transformer en balayettes qui finiront de sécher, soigneusement alignées à la verticale, et seront parfois vendues sur place, les ménagères renouvellent leurs outils. La paille non récupérée sera brûlée, et la cendre retournée aux rizières. Le compostage ne semble pas utilisé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le lendemain, très tôt, ça recommence. La plaine est parsemée de travailleurs, et surtout de travailleuses. La faucille qui sépare puis coupe, les poignées qui s'ajoutent aux poignées, la gerbe nouée, déposée en équilibre sur le chaume. Ailleurs, les rizières dépouillées sont piochées. Quelques touffes boueuses sont sorties, déposées sur le bord, pour consolider une diguette qui donne des signes de faiblesse. Les autres sont enfouies. Nous ne saurons pas s'ils repiquent de suite. Selon le climat deux ou trois récoltes annuelles sont possibles, quatre dans les endroits favorisés par le climat et la fertilité, le delta du Mékong par exemple. Mais ici, nous sommes au Nord, et dans une région montagneuse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'après midi, nous rentrons sur Hanoi. Cent cinquante kilomètres, quatre heures de route. Encore un peu de vague dans les yeux, nous retrouvons les klaxons et la vie citadine.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/10/Recolte-du-riz-a-Mai-Chau#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/10/Recolte-du-riz-a-Mai-Chau#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1523</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Mon petit roitelet (message personnel)</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/06/Mon-petit-roitelet-message-personnel</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1290e29e9c0d4c050196b9bb3d097832</guid>
    <pubDate>Sat, 07 Jun 2008 06:02:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il y a tout juste cinq ans, d'un coup de ta toute neuve baguette magique, tu me transformais en grand-mère.
Dans quelque mois, un autre bébé (une petite mésange?) va faire de toi un grand-frère.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La vie continue, que la tienne soit belle!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/06/Mon-petit-roitelet-message-personnel#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/06/Mon-petit-roitelet-message-personnel#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1520</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>A propos de pesticides</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/05/Pesticides-de-Fabrice-Nicolino</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e7ac3d1e6d806198e94969c28b424ef9</guid>
    <pubDate>Fri, 06 Jun 2008 04:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Pesticides, un scandale français, de Fabrice Nicolino et François Veillerette, est paru en février 2007 chez Fayard.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'avais repéré ce livre dès sa parution, et j'ai mis longtemps à le lire. Parce que c'est un livre que je POUVAIS PAS lire vite. Parce que des fois je m'arrêtais pour assimiler. D'autres fois, je m'arrêtais pour souffler, je veux dire pour reprendre mon souffle. Des fois je m'arrêtais pour me refaire le moral qui en avait bien besoin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais je l'ai lu, jusqu'à la dernière ligne, sans en manquer une seule, en revenant même en arrière pour être bien sûre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faites comme moi. Ne vous fiez pas aux commentaires condescendants qui tentent de le caricaturer. Si ce livre n'était pas extrêmement sérieux et scrupuleusement documenté, il aurait déjà mille procès en diffamation, compte tenu des précisions qu'il apporte.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/05/Pesticides-de-Fabrice-Nicolino#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/05/Pesticides-de-Fabrice-Nicolino#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1518</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Je vais réentendre la chouette? Chouette!</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/03/Je-vais-reentendre-la-chouette-Chouette</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:76fa984a55b0940298304acd4dc572da</guid>
    <pubDate>Tue, 03 Jun 2008 03:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ciel gris, uniformément, ce matin. Ce n'est pas un temps désagréable ici, on sait qu'on n'aura pas trop chaud, c'est plutôt une bonne nouvelle. Pourtant, après la nostalgie du ciel bleu et glacial de nos hivers dauphinois, un autre désir me vient, celui des ciels orageux de nos soirées d'été. La faute à  &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/06/02/Une-saison-de-bruits-et-de-fureur#comments&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Agnès &lt;/a&gt;, et à ce vers romantique &lt;em&gt;&amp;quot;Levez-vous, orages désirés&amp;quot;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Hanoi continue son printemps. Le très bel arbre qui est juste sous mon balcon a enfin révélé la couleur des ses fleurs: jaune. Un peu partout, des arbres fleurissent jaune, après le blanc, le rouge-orangé et le mauve.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Autre chose s'épanouit sous ma fenêtre: la maison d'à côté monte ses piliers et ses murs sans hâte mais sans tergiversations. Nous avons déjà compris, en voyant le premier niveau s'élaborer et la dalle se couler, qu'une partie de nos fenêtres serait... dans la future cage d'escalier. Bon. Comme l'autre possibilité, c'était de se retrouver un mur à 50 cm de l'ouverture, on se fait une raison.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est assez fascinant de voir se monter une maison ici. D'abord, les fondations nous ont sciés. Nous sommes en effet sur une presqu'île, et le sol dur, apparemment, est assez loin sous les marnes. D'énormes vis sans fin ont creusé le sol , à vingt mètres de profondeur nous a-t-on dit. Une vingtaine de trous, emplis avec des piliers de béton préfabriqués, éparpillés d'une manière qui nous semblait fantaisiste, mais qui ne l'était pas. Répondant en effet à deux exigences: assurer une assise bien répartie à l'ouvrage, tout en ménageant deux rectangles vides, soigneusement habillés de briques, qui pourraient bien être de futures fosses septiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En effet, le problème des eaux usées commence à être pris au sérieux à Hanoi. Il est temps. Leurs lacs sont magnifiques, mais c'est une pitié de regarder les bords, ravagés de détritus divers. Quant aux canaux, trop petits pour se défendre, ils peuvent ressembler, à certains moments, à de véritables égouts à ciel ouvert. Donc, on imagine, on espère, que la maison d'à côté a pensé à ce détail.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les fondations et la dalle de surface achevées, nous avons vu monter les murs. Même technique que celle que nous observons un peu partout: des piliers en béton armé de 20 cm sur 20, entre lesquels prend place un remplissage de briques. Le briques sont partout ici. Dans chaque rue ou presque, un tas de briques, en vrac ou au contraire soigneusement empilé, attend benoîtement d'être utilisé. Dans le delta du Mékong, les fours à briques, chauffés à la balle de riz, sont un élément central du paysage. Mais les briques utilisées ici ne viennent sans doute pas de si loin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'habillage de briques n'a pas besoin d'être très épais, ce n'est pas lui qui porte, ce sont les piliers béton. Quant à l'isolation... Mais, expérience faite, ici il vaut mieux une maison bien aérée, car il faut se protéger de l'humidité autant ou même plus que de la chaleur. Le mur qu'ils ont reconstruit en bordure de notre allée ne fait que dix centimètres... La dalle du premier niveau a été coulée en une nuit, après plusieurs journées pour mettre en place le coffrage et l'habiller de bâches en plastique. Un soir, un camion arrive. Il déverse le béton frais à même le goudron de la rue. Celui qui fait construire une maison paie une taxe particulière qui lui permet d'occuper, pourvu qu'il laisse un passage, une partie de l'espace public. Un treuil bricolé permet de monter les seaux à l'étage, deux ouvriers pour transporter le seau jusqu'au fond du chantier avec une planche passée dans son anse, béton déversé, étalé, piétiné, au suivant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'était le soir. Le lendemain matin, la dalle était finie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant, c'est au tour du second niveau. Les uns ferraillent les futurs piliers, d'autres mettent en place le coffrage, d'autres préparent les briques: les monter depuis la rue dans des seaux en plastique (je vous parlerai du &amp;quot;treuil &amp;quot; une autre fois, il mérite un billet pour lui tout seul), les déverser sur un tas intermédiaire, les lancer au collègue qui les entasse bien rangées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur les sept piliers prévus, trois sont coulés, deux coffrés, un en cours de coffrage, un simplement ferraillé. Ils sont une dizaine d'ouvrier(e)s à s'affairer là en dessous. Le bruit? j'y pense même plus. En revenant dans ma campagne dauphinoise, je vais passer huit jours sans dormir, faute d'environnement adéquat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et je vais réentendre la chouette. Chouette!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/03/Je-vais-reentendre-la-chouette-Chouette#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/06/03/Je-vais-reentendre-la-chouette-Chouette#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1515</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>On est tous des colibris</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/30/On-est-tous-des-colibris</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6acc2d113eab0c39954246e09c5cd603</guid>
    <pubDate>Fri, 30 May 2008 04:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je les ai vues sur TV5 Monde, ces femmes qui sortent de leur trou, celui dans lequel une législation scélérate les avait enfermées. Elles sont magnifiques de dignité et de courage. Et de lucidité. Je les ai vues sortir leurs feuilles de paie, leurs feuilles d'impôt, parler des trois noms différents sous lesquels elles ont travaillé au gré des caprices du destin. Pour une fois, le journaliste n'osait pas dénigrer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je les admire profondément, et je me souviens: &amp;quot;ils ne nous paraissent si grands que parce que nous sommes à genoux devant eux&amp;quot;. Elles ont cessé d'être à genoux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai vu aussi le lait des vaches européennes couler dans les caniveaux des étables. Je n'ai jamais aimé qu'on gâche la nourriture, dans un monde où certains en manquent, pourtant j'ai eu un mouvement de joie, parce que c'est dans plusieurs pays à la fois que ça se passe. Paysans de tous les pays... J'ai retrouvé la vieille poésie (ringarde, eh?) de Sully Prudhomme: &lt;a href=&quot;http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Sully-Prudhomme.UnSonge.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&amp;quot;Le laboureur m'a dit en songe: fais ton pain, je ne te nourris plus&amp;quot;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après les queues de lotte dont mon ami &amp;quot;Le Yéti&amp;quot; a rempli son &lt;a href=&quot;http://www.yetiblog.org/index.php?2008/05/23/305-queues-de-lottes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;congélateur&lt;/a&gt;, la palme d'or dont je vous ai parlé hier, il ne me vient de France que de bonnes nouvelles, et ça, c'est vraiment nouveau. Il y a peu de temps encore, je maudissais mon conjoint d'être aussi accro aux infos et de m'imposer, dès le pti déj, des nouvelles démoralisantes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma palme d'or à moi, elle va à ces femmes, à leur franc parler, à leur force vitale. Je me dis aussi qu'en me joignant, modestement, à quelques actions de RESF, j'ai participé à l'ambiance qui leur a donné le courage de sortir du bois. J'ai apporté ma petite goutte d'eau de colibri.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes tous des colibris, ou nous pouvons le devenir.
Colibris de tous les pays, unissez-vous!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/30/On-est-tous-des-colibris#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/30/On-est-tous-des-colibris#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1511</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Vingt quatre ados et une palme d'or, vive le &quot;storytelling&quot;</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/29/Palme-dor</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:42ed0beba1bfa06f7ec5f02f3ddd82f3</guid>
    <pubDate>Thu, 29 May 2008 12:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;C'est je crois, la meilleure nouvelle que j'aie eue, venant de France, depuis que je suis partie. La palme d'or à 24 collégiens du XXème arrondissement de Paris. Je ne sais rien du film, pas plus que tous ceux qui glosent dessus, s'émerveillant ou s'indignant. J'ai même lu sur Bakchich (j'avais pourtant de l'estime pour ce site), le terme méprisant de &amp;quot;film de cantine&amp;quot;. Sans l'avoir vu, il faut le faire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Peut-être que le film est modeste, pas franchement bon, peut-être il n'est pas à la hauteur d'une palme d'or, ou peut-être il est magique, qu'importe? C'est un &amp;quot;petit&amp;quot; film en tout cas, je veux dire un petit budget, 2,5 millions d'euros paraît-il. Aucun de ses acteurs n'est un professionnel, les personnages principaux sont 24 collégiens d'un quartier populaire de Paris.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le livre dont il est issu, &amp;quot;Entre les murs&amp;quot;, de François Bégaudeau, je l'avais bien aimé. Un livre sans chichis, un simple prof qui raconte, au quotidien, ses relations avec ses élèves. Ni catastrophiste, ni bourré de bonnes intentions, juste le quotidien avec ses désespoirs, ses rigolades, ses étonnements, ses découvertes. Un quotidien plein de chaleur humaine. J'aime bien l'idée de Bégaudeau, que l'enseignant doit, d'abord, prendre ses élèves comme ils sont. Et cette découverte qu'une phrase grammaticalement incorrecte peut-être plus efficace, plus expressive que la version Bescherelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui me ravit, dans cette histoire de palme d'or, c'est que les conversations de comptoir vont prendre pendant quelques temps une tonalité particulière. Le public aime bien les histoires de Cendrillon, et c'en est une fameuse. Du coup, à part quelques aigris, il va avoir &amp;quot;pour Chimène les yeux de Rodrigue&amp;quot;. Il va aimer ces enfants, même ceux qui causent bizarre, ces familles, même celles qui ont pas encore les papiers qu'il faut, ces enseignants, même ceux qui dérapent parfois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce film retourne le &amp;quot;storytelling&amp;quot; comme un gant, ça me plaît bien. Faut croire que j'ai gardé une âme de midinette.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/29/Palme-dor#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/29/Palme-dor#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1510</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Hanoi flamboyante</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/23/Hanoi-flamboyante</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:efdd2506d3b5fd9c11c59e2b78daf787</guid>
    <pubDate>Fri, 23 May 2008 09:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il commence à faire bien chaud ici, chaleur entrecoupée de plusieurs épisodes de pluie qui se sont fâcheusement répercutés à l'intérieur (murs et plafonds) de notre appartement. Après trois ou quatre interventions pas très convaincantes, il semble que la &amp;quot;source&amp;quot; principale soit enfin repérée. Nous attendons la prochaine pluie pour vérifier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A la dernière inondation, un méchant coup de blues nous a saisis. C'est un exercice délicat de faire comprendre à notre agent immobilier que le point de rupture est atteint sans pour autant devenir désagréables, ce qui ne se fait pas ici. Mais finalement nous nous sommes assez bien fait comprendre, en tous cas espérons-le.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'atmosphère, un peu crispée, se détend quand je montre en riant la petite fente de lumière qui traverse carrément le mur au niveau du carrelage. Monsieur Vinh la montre, en riant lui aussi, à l'entrepreneur responsable de la maçonnerie qui rit à son tour, un peu confus. On dirait que, s'il est parfaitement normal ici d'avoir de l'eau dans la maison à chaque pluie, il ne l'est pas de voir le jour à travers les murs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ceci dit, Hanoi est splendide en ce moment, les avenues bordées d'arbres, les jardins publics, les rives des lacs se sont d'abord couverts de verdure. Depuis un mois, les arbres sont en fleurs. Pas des petites fleurs rikiki comme chez nous. De vraies, énormes grappes de fleurs. Des blanches, des mauves, des rouges tirant sur l'orange (les fameux flamboyants qui portent bien leur nom). Cela met formidablement en valeur les lacs qui sont partout, cela donne une ambiance extraordinaire. Hanoi met le paquet pour nous séduire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Juste sous notre balcon, un arbre prépare interminablement sa floraison. Quelle couleur? Mystère...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Coup de blues ou pas, je suis en train de tomber amoureuse de cette ville.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/23/Hanoi-flamboyante#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/23/Hanoi-flamboyante#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1503</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Ma friche</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/15/Ma-friche%3A</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f45e7c5c55fa62837c96cd7e8129cff8</guid>
    <pubDate>Thu, 15 May 2008 04:13:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;C'est un bien grand mot pour une toute petite chose. Pourtant, quel observatoire, et quel lieu pour rêver à l'avenir!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quand nous avions acheté cette maison (15 ans bientôt) une petite bande de terrain pas du tout entretenue séparait notre allée de la prairie voisine. Quelques arbres en bordure, puis, vers l'est, des broussailles, protégées par un barbelé. J'y ai aussitôt repéré de nombreux et minuscules plants de tilleul. Le voisin possédait un très vieux tilleul, et les arbres âgés sont prolifiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Donc, pas touche à ce qui était devenu instantanément &amp;quot;ma friche&amp;quot;. J'avais glané, ici ou là &lt;a href=&quot;http://www.terrevivante.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;(merci à Terre Vivante) &lt;/a&gt;des considérations diverses sur ce qu'une friche pouvait apporter de richesses. Cinq mètres sur quinze, c'était vraiment une toute petite friche, et pourtant elle a tenu ses promesses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un chemin tracé à la tondeuse-débroussailleuse me permettait de m'y promener, je n'ai plus l'âge d'aller batifoler dans les broussailles &lt;a href=&quot;http://rogerriffard.free.fr/Riffard_Chansons.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&amp;quot;avec Timoléon le jardinier&amp;quot; &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jour après jour, j'ai couvé d'un oeil jaloux &amp;quot;mes&amp;quot; tilleuls, les érables qui forment un vrai gazon au printemps, mais qui ne donnent pas suite, les frênes, qui poussent chez moi comme la mauvaise herbe, profitant honteusement de ma négligence, qui est grande. J'ai même eu l'imprudence d'en laisser évoluer un dans le jardin. C'est si mignon quand c'est petit, et puis qu'un arbre veuille bien pousser au milieu de mes salades, j'en étais tout émerveillée. Au tracteur qu'il a fallu l'arracher!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes connaissances se précisant, j'ai bientôt repéré des espèces plus discrètes. Les deux premières feuilles du hêtre, qui ne lui ressemblent pas du tout, étaient un mystère pour moi. Ces éventails évoquaient plutôt un très peu probable gingko biloba. Certains sont verts et d'autres  pourpres. Les pourpres ont une fâcheuse tendance à pousser sur la pelouse, ce qui est nuisible à leur santé, mais j'en ai marqué quelques-uns, autour desquels la tondeuse devra tourner. Le chêne reste très longtemps malingre et filiforme, rien à voir avec sa formidable image de marque. Le charme devient très vite un arbre miniature, avec son tronc légèrement tortueux, son allure trapue, sa silhouette conique (mais pourquoi a-t-on inventé la charmille, qui nous en prive?) ses feuilles plissées comme si elles venaient de s'épanouir, et sa manie de refuser de se déshabiller à l'automne, peut-être pour garder jusqu'au printemps sa musique de papier froissé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A la naissance du petit roitelet, notre premier petit fils, j'ai prélevé un tilleul pour lui donner une place d'honneur. Il a d'abord un peu boudé, tergiversé. Il a pris du retard par rapport à ceux qui sont restés en place, dont les troncs merveilleusement rectilignes ont maintenant entre cinq et dix centimètres de diamètre. Puis il a &amp;quot;trouvé sa terre&amp;quot; et s'est élancé, cinquante centimètres par an depuis deux ans. On ne peut pas dire qu'il nous fasse vraiment de l'ombre, mais ça ne saurait tarder. Je songe déjà à en choisir deux autres, je réfléchis à l'endroit où les mettre. Les tilleuls, c'est les yeux fermés qu'on découvre, en juin, l'éclosion de leurs fleurs. Et le miel de tilleul, une merveille de subtilité. Une tisane du soir, sucrée au miel de tilleul, au diable les pilules toxiques!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Priorité aux tilleuls, donc.  Mais il faudra quand même en couper.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Car le temps du choix est venu: trop d'arbustes, trop serrés, maintenant.  Il faut éclaircir. Je coupe sans pitié érables et frênes, il y en a tant! Et aussi, cette engeance terriblement envahissante appelée, je crois, sumac. Il y en avait deux, il y en a mille. A peine coupés, ils repoussent déjà, tandis que d'autres germent sans discontinuer. Travail de Sisyphe.  Mais je me console, leur ombre, un temps, a peut-être été bénéfique aux autres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les chênes, il y en a deux ou trois, je leur ai mis une écharpe rouge en quittant la France, pour les préserver d'un accident, genre &amp;quot;erreur humaine&amp;quot;, ils sont trop discrets. Survivront-ils pourtant? Je ne les ai pas vus depuis longtemps, j'allais les voir presque tous les jours. Ils me font l'effet de la rose du petit prince: le mouton a-t-il ou non mangé la fleur? Pour la réponse, rendez-vous en juillet.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/15/Ma-friche%3A#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/15/Ma-friche%3A#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1497</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Hospitalité Thai</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/09/Hospitalite-Thai</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1f86dbad0467607b11cad9eec9a09322</guid>
    <pubDate>Thu, 08 May 2008 16:41:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;On était quatre, le 7 mai, à parcourir en moto les environs de Dien Bien Phu. Eh oui, c'était l'anniversaire. On avait vu des monuments, des stèles, des tombes, des noms gravés,  des reconstitutions de tranchées, des tanks, des canons. On avait besoin d'un peu de fraîcheur, dans les deux sens du terme. On cherchait la rivière (quelle rivière, au fait?), on est passés devant une maison sur pilotis, une de ces maisons bien caractéristiques de la région. Bois et bambou, murs et planchers à claire-voie, rafraîchies en permanence par la ciculation de l'air. Simplement un toit plus actuel, en tuiles. Il y en avait deux côte à côte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une dame était devant la seconde, le fameux chignon des femmes Thai Noirs sur la tête. Chignon particulier, réservé aux femmes mariées, complètement sur le dessus de la tête, et très gros, vu que les cheveux ne sont pas coupés depuis la naissance. Le chignon, enfermé dans un filet invisible, est ensuite entouré d'une chaînette d'argent terminée par une médaille qui viendra se placer à l'avant. Le chapeau conique, quand il est placé sur ce volumineux chignon, semble flotter au dessus de la tête, parfois un peu incliné, mais le casque de moto s'en accommode parfaitement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On lui demande le chemin, elle nous propose de laisser les motos à l'ombre sous la maison, faut dire que le soleil cogne dur, et qu'on accepte avec plaisir. Puis, invités à entrer, on monte l'échelle, on marche avec précaution sur le plancher souple de bambou (solide, certes, mais ça fait quand même une drôle d'impression, ce sol qui bouge sous les pieds et le vide entre les tiges). On s'assied, on se voit offrir dans les traditionnelles et minuscules tasses à thé... de l'eau. Signe qui ne trompe pas, l'hospitalité est une obligation primordiale, mais la pauvreté ne permet pas d'offrir autre chose. La dame nous le confirmera plus tard, quand nous aurons un peu mieux fait connaissance, elle voudrait bien nous inviter à manger quelque chose, mais ils n'ont rien et c'est une honte pour elle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entre temps, nous faisons connaissance avec les enfants, les grands parents, le mari. Le vieil homme est âgé de plus de quatre-vingt dix ans, leur maison a &amp;quot;toujours&amp;quot; été là, mais bien sûr ce n'est pas la même, toutes les maisons du secteur ont été détruites à l'époque de la bataille. Celle-là, plus grande que l'ancienne, date de 1973. Les enfants, d'abord timides, s'enhardissent peu à peu, prennent plaisir à se faire photographier. Les femmes sortent leurs travaux de broderie: des sacs rouges, que nous avons déjà remarqués dans la rue au cou des écoliers, des écharpes noires, brodées de très vives couleurs aux deux extrémités. Au terme d'un montage compliqué qui fait revenir sur le front les deux parties brodées, elles servent de coiffes, surprenantes et élégantes, que nous avons déjà, elles aussi, repérées sur la tête des femmes qui parcourent les marchés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques achats, avec plaisir, puis nous allons chercher notre rivière, que nous trouvons au bout du petit chemin. Une idée se faufile dans la tête de l'un d'entre nous: on avait prévu de faire la cuisine à l'hôtel, pourquoi ne pas proposer de la faire plutôt ici, avec cette famille? C'est Van, notre précieuse Van, qui se charge de la démarche. C'est décidé, nous revenons demain pour manger avec eux. Entre temps, nous aurons fait tirer les photos sur papier, et fait quelques provisions de légumes, fruits et viande.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le riz sera offert par nos hôtes.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/09/Hospitalite-Thai#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/09/Hospitalite-Thai#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1489</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Pimpon! pimpon! papon! papon!</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/02/Douce-France</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b538396df4a0a664b013ea1b323debc6</guid>
    <pubDate>Fri, 02 May 2008 12:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;La formation continue des employés de nos préfectures préposés à l'accueil (?) des étrangers susceptibles de faire partie des 26000 élus annuels admis à profiter d'un voyage aérien gratuit laisse à désirer. De nombreux couacs fâcheux en font foi, et des incohérences étonnantes sont relevées tous les jours, générant un fameux gaspillage.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Faut dire à leur décharge, ces malheureux n'ont pas le temps d'assimiler le contenu d'une circulaire que celle-ci devient caduque. On les entend murmurer entre eux: &amp;quot;maintenant, on doit plus faire comme ça, on doit bla bla bla, je t'expliquerai&amp;quot;. Ou bien reprocher aux &amp;quot;accueillis&amp;quot; de faire aujourd'hui ce qui leur a été demandé hier. Tout ça fait un peu désordre, et en plus ça coûte de l'argent, beaucoup d'argent à nous autres, bons français de souche et généreux contribuables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Préfecture des Hauts de Seine a tenté d'y remédier par une note de service claire et ferme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous y apprenons que deux catégories d'étrangers sont, en ce moment, particulièrement intéressantes: ceux qui ont reçu &amp;quot;leur&amp;quot; OQTF depuis plus d'un mois (ils doivent sans doute bénéficier d'un délai pour rassembler leurs petites affaires, prendre leur billet et repartir citoyennement à leurs frais). Et ceux qui sont l'objet d'une APRF depuis moins d'un an. On imagine qu'au bout d'un an de cache-cache victorieux, ils ont droit à une pause (pouce!) pour respirer un brin. Mais ce n'est pas tout: ces heureux bénéficiaires potentiels doivent, en plus, avoir &lt;del&gt;la naïveté&lt;/del&gt; le civisme de se présenter &amp;quot;de leur propre chef&amp;quot; en préfecture, munis d'un passeport en cours de validité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'employé préposé &lt;del&gt;au tri&lt;/del&gt; au pré-accueil doit alors consulter le fichier AGEDREF pour vérifier que le poisson figure bien sur la liste des espèces autorisées. Ensuite, il lui faut respecter scrupuleusement l'ordre chronologique des opérations. D'abord, l'étranger &amp;quot;remet&amp;quot; son passeport au guichetier. Notez que, de même qu'il est venu de son propre chef, il remet son passeport sans que personne le lui demande.  Hypnotisé, peut-être? Après ça, il est &lt;del&gt;entreposé&lt;/del&gt; &amp;quot;invité à prendre place&amp;quot; dans la salle d'attente, pendant que l'agent &amp;quot;saisit le chef&amp;quot; de la section &amp;quot;éloignement&amp;quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dernier conseil, très important lui aussi, &lt;del&gt;l'arrestation&lt;/del&gt; l'interpellation doit avoir lieu en &amp;quot;cabine fermée&amp;quot;. Insonorisée, j'espère?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne sais pas si, depuis le début, vous notez la délicatesse du vocabulaire, sinon vous avez tort, car cette délicatesse est d'une importance primordiale. je dois faire un effort pour m'autoriser à être vulgaire dans ce contexte feutré. De la merde dans un bas de soie, c'est pourtant l'expression appropriée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reste un petit problème. Les étrangers assez naïfs pour se présenter en Préfecture sans convocation sont de moins en moins nombreux. Il faut maintenant les contraindre au volontariat. L'étranger qui présente une demande de régularisation n'a plus le droit d'envoyer son dossier par voie postale, il lui faut se présenter physiquement au guichet. S'il va au &amp;quot;pré-accueil&amp;quot;, l'affaire est dans le sac, et lui dans la nasse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;S'il se présente directement au guichet régularisation, légère variante. L'employé de la Préfecture doit &amp;quot;se faire remettre&amp;quot; (ah, on est déjà plus ferme). les passeports des huit premiers candidats. Après, rebelote, consultation du fichier AGEDREF, appel de la section &amp;quot;éloignement&amp;quot;, qui va coordonner les opérations. Pas de souci, ceux-là ont l'habitude. D'ailleurs, comme par hasard, le mot d'arrestation est enfin utilisé. Au diable les périphrases, on approche du but.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne résiste pas à recopier in extenso la conclusion de cet écrit sordide, dont je souligne les mots importants au cas où ils vous échapperaient:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&amp;quot;Je vous rappelle que l'éloignement des étrangers en situation irrégulière  est une &lt;strong&gt;mission prioritaire&lt;/strong&gt; de notre service: nous avons dans ce domaine une &lt;strong&gt;obligation de résultat&lt;/strong&gt;. Je vous demande donc d'appliquer avec un &lt;strong&gt;zèle particulier&lt;/strong&gt; les instructions contenues dans la présente note, tout spécialement la &lt;strong&gt;consultation systématique et attentive du fichier&lt;/strong&gt; AGEDREF&amp;quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pimpon! pimpon! papon! papon!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/02/Douce-France#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/05/02/Douce-France#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1481</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Cours de cuisine, à vos fourneaux!</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/26/Cours-de-cuisine-a-vos-fourneaux</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a90b3a5682e7ae247e27a9cc2eec44e3</guid>
    <pubDate>Sat, 26 Apr 2008 05:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je vous ai déjà parlé de Van, notre jeune amie vietnamienne. Nous avons toujours beaucoup de plaisir à la rencontrer et à bavarder avec elle, nous allons ensemble voir des films ou écouter des concerts à l'Espace Français. Elle nous est, de plus, très précieuse comme interprète et comme conseillère. C'est avec elle que nous avons acheté notre minimum vital de vaisselle, elle nous a conduit vers le bon marché, a déniché sur ce marché le stand de vaisselle typique, nous a trouvé la boutique pour les poêles à frire, le cuit-vapeur et tutti quanti, a négocié les prix pour nous, nous a aidés à ramener notre bazar en installant tout ça sur nos deux motos. Dans le lot, il y avait un porte-manteau, c'est elle qui s'en est chargée, trop acrobatique pour nous...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Grâce à elle, j'ai fait mes premiers pas en cuisine locale. Nous avions fait le marché ensemble (mais pourquoi diable les mangues que j'ai payées 40000 dongs le kilo ne coûtent avec elle que 15000?), elle avait obtenu de la marchande d'aubergines une recette sympa, pour laquelle elle m'avait aidée à trouver les ingrédients, j'étais toute fière le soir de cuisiner mon premier plat vietnamien. Ensuite, j'ai pas vraiment récidivé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il a fallu qu'elle vienne chez moi pour me donner l'audace de recommencer. Nous pensions manger au restaurant, mais elle me propose d'aller plutôt faire les courses, pourquoi pas? C'est l'occasion d'apprendre à faire les feuilles de chou farcies. Nous voilà parties sur sa moto. Elle discute un peu avec le gardien, pour savoir où trouver un marché, nous sommes dimanche après midi. D'abord, elle se perd un peu (ce n'est pas son quartier), puis on traverse le boulevard, mais là où on arrive toutes les boutiques sont fermées. Demi tour. Finalement voilà un assez important marché de rue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les vietnamiens font leurs courses sans descendre de moto, une performance! On marque l'arrêt devant la marchande de viande de porc, elle hésite entre deux morceaux, un plutôt maigre, l'autre assez entrelardé, elle choisit le maigre. La vendeuse le découpe grossièrement, puis le passe dans un hachoir à manivelle, un petit sac plastique vivement noué, 200 à 300 grammes, 35000 dongs, et voilà le travail. Pas cher pour moi, mais il paraît que le prix de la viande a doublé depuis le Têt (en deux mois), et ça pose un vrai problème aux vietnamiens qui n'en mangent déjà pas beaucoup.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il nous faut un chou, le voilà. Elle cherche un poisson pour la soupe,  ils sont bien vivants, dans des bassines pleines d'eau, c'est la meilleure garantie de fraîcheur. Mais ils sont tous très gros.  Trop.  Finalement nous renoncerons au poisson pour nous contenter d'une soupe de légumes et tofu. Un chou-rave, une christophine (su-su), deux tomates, des carottes il m'en reste, de l'ail (ce n'est pas de l'ail, il s'agit de tiges vertes tubulaires qui évoquent plutôt la ciboulette, ou de jeunes oignons n'ayant pas encore formé leur bulbe). On n'oublie pas le tofu. Il nous faudrait du poivre mais c'est un marché de produits frais, nous trouverons peut-être le poivre à l'épicerie en face de chez moi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et nous revoilà parties. Pas de poivre non plus à l'épicerie, le restaurant d'à côté nous dépanne: un minuscule sachet de plastique avec quelques grammes de poivre, et hop, retour vers la cuisine. .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je manque un peu d'ustensiles, mais on se débrouille quand même. Elle fait le chef, et moi le marmiton. Christophe joue du piano. Ambiance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pétrir la viande hachée avec le sel, le poivre et une partie de l'ail-oignon-ciboulette (?) coupé très fin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dépiauter le chou, cuire les feuilles quelques minutes à l'eau bouillante, les passer ensuite à l'eau froide pour qu'elles soient souples tout en restant solides.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Envelopper dans chaque feuille de chou une cuillerée de viande pour faire de petits rouleaux (même principe que les nems).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ranger soigneusement ces petits rouleaux dans le panier d'un cuit-vapeur. 30 minutes de cuisson.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est le moment de s'occuper de la soupe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec tomate, christophine, chou-rave, carottes on fait des petits cubes que l'on fait revenir dans un peu d'huile avant d'ajouter l'eau.  Les plaquettes de tofu sont coupées en petits rectangles, et frits dans un peu d'huile. On les rajoutera à la soupe au dernier moment, avec le reste des tiges de... ciboulette. J'ai tranché en faveur de la ciboulette, parce que c'est ce que vous trouverez le plus facilement en France, mais si vous venez d'éclaircir votre semis d'oignons, je pense que ça ira bien aussi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut, pour parfaire le plat, faire dorer dans un peu d'huile les feuilles de choux farcies, mais ce n'est pas obligatoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A table, les enfants! En guise d'apéro, vin du Chili, pas mauvais, ma foi, n'en déplaise à Dupont-Lajoie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est la fête. Tout d'un coup, Van ouvre de grands yeux, on a oublié le riz! &lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt; a oublié le riz!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A fréquenter des français, voilà ce qui arrive...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/26/Cours-de-cuisine-a-vos-fourneaux#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/26/Cours-de-cuisine-a-vos-fourneaux#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1472</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Il pleut, il pleut bergère, débranche ton ordi</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/25/Il-pleut-il-pleut-bergere-debranche-ton-ordi</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6e24ceef484468e974f832f8f0c192b9</guid>
    <pubDate>Fri, 25 Apr 2008 09:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'ai peur de vous lasser si je vous raconte notre troisième inondation. Mais comme je vous avais déjà pas raconté la première, je me laisse aller.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A flots, celle là, il pleuvait comme vache qui pisse.  Qui n'a jamais vu pisser une vache? Parce que vraiment, ça vaut le détour. Non seulement les fenêtres sont pas étanches, ça ruisselait dessus, dessous, sur les côtés, mais...les murs non plus. Et encore moins le toit. De grosses auréoles venant de je ne sais où s'élargissaient un peu partout. Et même à retardement. La pluie était finie, mais des provisions faites sournoisement entre plancher du haut et plafond du bas continuaient à tomber sur les canapés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le gars de l'agence, arrivé bien vite, tâchait de faire bonne figure mais on voyait bien que le coeur n'y était pas. J'ai failli me laisser aller à le consoler, je deviens zen dans ce pays où personne s'énerve (presque) jamais. J'ai appelé à la rescousse tout ce qui me reste de méchanceté, et je lui ai fait remarquer que si j'avais pas été là pour débrancher l'ordi, pouf, plus d'ordi. Et peut-être même plus de moi si j'avais touché à la prise un peu plus tard et les pieds dans la flotte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faut absolument que je m'achète un seau, et que je fasse provision de serpillières. L'absence de tout ce matériel m'a confirmé ce que je craignais, la dame chargée du ménage achète elle-même ses outils et ses produits, donc elle les emmène en s'en allant. Pasque j'ai oublié de vous dire, on a pas seulement un gardien mais aussi une femme de ménage. Les deux sont... compris dans la location en quelque sorte. Et sur un salaire de femme de ménage vietnamienne, l'achat des produits, ça doit faire un joli petit trou!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/25/Il-pleut-il-pleut-bergere-debranche-ton-ordi#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/25/Il-pleut-il-pleut-bergere-debranche-ton-ordi#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1468</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Des petites dents pointues</title>
    <link>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/22/Des-petites-dents-pointues</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7cb0c76a7f7627ee383e89f11862c72c</guid>
    <pubDate>Tue, 22 Apr 2008 05:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>mc</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Petite surprise hier matin: la mangue oubliée près de la fenêtre a reçu une visite nocturne. De petits copeaux verts de la forme et de la taille d'une rognure d'ongle sont proprement entassés à côté, et quelques centimètres-cubes de chair orange ont été prélevés tout aussi proprement. Le trace des petites dents pointues y est bien visible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Fermer les fenêtres? Ah non, entre chaleur et humidité, c'est vraiment pas le bon plan. Mais, bien sûr, ranger tout ce qui craint. Seulement, je suis une exécrable ménagère. Et puis, un je ne sais quoi me dit que...Bref, la mangue est restée à sa place, et ce matin, l'entaille s'est légèrement approfondie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon homme n'est pas très content (bon, lui non plus, il a pas jugé utile d'enlever la mangue, hein). Il craint la prolifération. N'a peut-être pas tout à fait tort, mais je lui raconte l'histoire du servant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous connaissez pas le &lt;em&gt;&amp;quot;servant&amp;quot;&lt;/em&gt;? Au Vietnam, ils ont des génies de la maison, qui la protègent et veillent sur le destin de ses habitants. On lui met quelques offrandes, des fruits par exemple, qu'on renouvelle régulièrement (et qu'on mange, bien sûr, ici rien ne se perd). Chez nous? Superstition!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Par exemple, dans les villages de la haute vallée du massif du Mont Blanc, autrefois, chaque maison avait son &lt;em&gt;servant&lt;/em&gt;. Il ne fallait pas oublier, le soir, de lui laisser une petite assiette avec quelque nourriture, qu'il venait manger dans la nuit. En échange, il veillait sur la maison et ses habitants, tout comme ici.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans un chalet de montagne, au dessus de Saint Gervais, un vieil homme et son domestique, presque un enfant, vivaient loin de tout. Le jeune homme ne manquait jamais, le soir, de laisser l'assiette du servant. Mais un soir d'hiver le vieux mourut, son neveu hérita.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le neveu était un homme dur et avare, qui mettait tout sous clé, et le pauvre domestique sentit bientôt la faim. D'autant plus qu'il devait maintenant travailler comme quatre. Il complétait sa maigre pitance avec quelques cueillettes sauvages. Le soir, il tombait de fatigue mais n'oubliait pas pour autant l'assiette du servant, qu'il prenait sur sa part et déposait discrètement après que son maître soit allé se coucher. Pourtant, celui-ci s'en aperçut, et demanda des comptes. Au mot de « servant », il ricana, fariboles, billevesées. Superstitions. Et surveilla de si près son aide que celui ci, désolé, dut renoncer à son rituel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le printemps passe, l'été s'installe, c'est la saison des foins: du travail plus que jamais, sous un soleil terrible cette année là. Quand enfin il se couche, le jeune homme dort comme une masse. Une nuit de juillet pourtant,  il est réveillé par de tout petits cris suraigus et insistants. Dans le rayon de lune qui passe par les fentes de la porte, une minuscule bestiole, debout sur ses pattes de derrière, agite fébrilement celles de devant. Il se lève, encore bien englué de sommeil, la bestiole passe vivement sous la porte, puis revient, s'agite à nouveau, repasse sous la porte. Intrigué, il ouvre et sort. La nuit est tranquille et claire, la bestiole s'engage à toute allure sur un chemin de traverse. Puis s'arrête, revient, s'agite encore en poussant des petits cris.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma foi, il ne sait pas trop pourquoi, mais l'instinct prend le dessus, il se met lui aussi à cavaler sur le chemin sans se retourner.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la nuit du 11 au 12 juillet 1892, la rupture d'une poche d'eau sous-glaciaire a entraîné l'effondrement du glacier de Tête  Rousse, libérant 200 000 m3 d'eau, 90 000 m3 de glace, arrachant sur son passage des centaines de milliers de m3 de boue et de rochers qui se sont étalés jusqu'à 600 mètres d'altitude, faisant 175 victimes. Depuis, les glaciers du Mont Blanc sont sous surveillance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faut que je l'avoue, maintenant, j'ai piqué cette histoire à  &lt;a href=&quot;http://www.samivel.fr/accueil_fr.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt; Samivel &lt;/a&gt;.
Si vous ne connaissez pas, précipitez-vous sur ses « Contes à pic », « Contes des brillantes montagnes » pour ne citer que mes préférés, sur ses dessins humoristiques et poétiques, sur toute son oeuvre.''&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/22/Des-petites-dents-pointues#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://cultivetonjardin.eu.org/post/2008/04/22/Des-petites-dents-pointues#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://cultivetonjardin.eu.org/feed/rss2/comments/1465</wfw:commentRss>
      </item>
    
</channel>
</rss>