Il aimait bien les enterrements, parce que grâce à eux, on se retrouve tous réunis, familles, amis, et surtout ceux qu'on ne voit que rarement.

Il aurait particulièrement aimé celui-là, il n'y manquait presque personne, nous étions encore plus nombreux, si possible, que dans les traditionnels Noël en famille, ou les anniversaires de mariage (cinquantième, cinquante-cinquième, soixantième). Mais cette fois « son nom, comme celui d'un bourgeois, occupait sur la liste une place de choix » comme le chantait Brassens.

Ses sept enfants, ses petits enfants, ses arrière petits enfants, ceux qui se considéraient comme des enfants adoptifs, les frères et soeurs qui lui restaient, les amis, si nombreux, les conjoint(e)s des uns et des autres, les ex-conjoint(e)s ... j'en oublie sûrement, ils étaient tous là.

Il a eu le bon goût de partir juste avant que son fils, mon compagnon, quitte la France, c'est tellement dur d'être loin quand un père vit ses derniers moments.

Sa compagne de toute une vie (il avait flashé sur elle alors qu'elle n'avait que treize ans) faisait face avec son énergie habituelle, sans faiblir.

Moi, en tant que « pièce rapportée » (un mot que je détestais, mais la présence de mes ex belles-soeurs était bien la preuve que, comme souvent avec lui, le sens des mots devait être inversé), j'en prenais plein les yeux et plein les oreilles. Je n'ai pas encore tout compris de cette famille où je suis entrée pourtant il y a plus de trente ans.

On ne comprend jamais tout de personne, et particulièrement de ceux qu'on aime.