Bon, rien d'original, un bus à Hanoi, ça ressemble terriblement aux bus de chez nous, hein! Je suis à un arrêt où il en passe plein, de tous les numéros, mais j'en vois passer plusieurs de chaque numéro avant de voir arriver le mien: normal. Il s'arrête, il est bondé, normal. Tiens, on rentre par la porte du milieu, pourquoi pas. Le bus repart, porte ouverte, alors que j'ai à peine fini de monter, heu... on va pas s'inquiéter pour si peu, faut juste bourrer un peu pour pas que la porte se referme sur mes chevilles.

Me voilà dedans. On paie où et comment? T'inquiète pas, m'avait dit Huong la veille, quand il s'agit de demander de l'argent, au Vietnam... Effectivement, un jeune vietnamien arrive, reconnaissable à deux détails, le carnet à souche et l'épaisse liasse de billets. 3000 Dongs, 15 centimes. Il prend l'argent et me donne le ticket avec la monnaie. J'essaie de suivre le trajet comme je peux, c'est assez facile pour les rues un peu longues. Il n'y a pas toujours les plaques au coin des rues, mais les boutiques ont l'habitude d'indiquer leur adresse complète et pas seulement le numéro. Quand on repère le même nom plusieurs fois sur des boutiques successives, on est à peu près sûr que c'est le nom de la rue.

Puis, je perds le fil. Le bus s'est engagé dans un quartier très animé, les rues sont trop courtes, j'ai pas le temps de lire, et d'ailleurs je me souviens plus du trajet, il a pas l'air de correspondre à ma carte... catastrophe. J'appelle à l'aide le vendeur de tickets, je lui montre sur le plan, il me fait descendre à l'arrêt suivant, mais c'est pas celui que j'avais prévu. Quand même, je suis pas loin, je retombe sur mes pattes, ouf.

Le retour, je le fais par un autre chemin. Mais dès l'arrêt de bus, un jeune vietnamien m'a repérée. Il veut me parler en anglais, et moi, l'anglais, je suis pas douée. En plus, l'anglais avec l'accent vietnamien je veux pas les vexer, hein, mais c'est pas tout cuit! Bref, il persiste, je lui montre où je veux aller, je crois comprendre que lui aussi, et qu'il me montrera. Tant mieux. Le bus est bien plein, mais le vendeur de tickets me dégage une place. Eh oui, je suis une vieille dame, et au Vietnam, ça se fait pas de laisser les vieilles dames debout dans le bus. La place à côté de moi se libère, le jeune homme s'assied un instant, puis se lève pour céder sa place à une autre vieille dame, vietnamienne cette fois. Ils ont entre eux une conversation animée, ils parlent de moi, la dame demande à voir où je vais, je lui montre, elle acquiesce.

Puis le jeune homme descend. Nous sommes encore assez loin de mon arrêt, et je réalise qu'il avait prévu de se dérouter, beaucoup, pour m'aider. Il vient de passer le relais à ma voisine, qui s'acquittera parfaitement de sa mission.

Sympa, non? Finalement, on s'est assez bien compris tous les trois.