Je suis en train de lire "Le Monde selon Monsanto", de Marie-Monique Robin. Ce livre accompagne le documentaire du même nom, diffusé sur Arte en mai ou juin dernier, et disponible en DVD.

Indépendamment du tournis que donne l'accumulation d'invraisemblables dysfonctionnements des instances supposées protéger notre santé, j'y ai sélectionné pour vous ce tout petit paragraphe (p. 54/55):

Il s'agit de l'histoire terrible de "l'amiral Elmo Russel Zumwalt Jr, promu en 1968 commandant des forces navales au Vietnam. Il dirigeait la flotte des bateaux qui patrouillaient dans le delta du Mékong. Pour protéger les "marines" des embuscades tendues par les Viêt-Congs dans cette zone stratégique, il ordonna d'arroser les côtes d'agent orange. Il se trouve que le commandant de l'un de ces bateaux était son propre fils, Elmo Russel Zumwalt III, qui mourra d'un cancer et d'une leucémie, à quarante deux ans, en laissant un orphelin atteint de divers handicaps. Dès lors, l'amiral Zumwalt remue ciel et terre pour que le secret qui entoure la dioxine soit enfin levé."

Normalement il n'y a rien à ajouter. Je voudrais pourtant dire que mon propos n'est pas d'en rajouter, justement. Encore moins de pleurer sur le passé ou d'argumenter une malsaine repentance (je déteste ce mot). Mais de vous, de nous demander à tou(te)s: que faisons nous, que taisons nous aujourd'hui qui demain... Et de tirer mon chapeau à tous les lanceurs d'alerte qui, en ce moment même, paient cher leur courage. La liste s'allonge.

Car s'il est effarant que tant de professionnels de haut niveau continuent de se faire complices de ces "crimes en cols blanc" comme l'écrit Marie-Monique Robin, il est également étonnant que d'autres rompent l'omertà et s'y acharnent malgré ce que ça leur coûte...